La problématique

Une réalité locale 

 

Madame Ekobié habite à Lia, un village d'Afrique sahélienne, au Burkina Faso.

La charpente en bois de brousse de sa maison traditionnelle menace de s'effondrer et, du fait de la déforestation et de la démographie, il n’y a plus de bois pour la remplacer. Que faire ?

Pour avoir un toit, besoin vital, Mme Ekobié va devoir puiser dans ses faibles budgets d’alimentation, de santé et d’éducation pour acheter des feuilles de tôle et des chevrons. Ces matériaux sont largement inadaptés car ils sont chers (matériaux d'importation), sans aucun confort thermique, acoustique et d'usage (disparition de la toiture-terrasse). De plus ils peuvent être dangereux (impacts sanitaires / mauvaise résistance aux vents) et il faudra rapidement les remplacer (7/10 ans).

Comme plusieurs millions de familles sahéliennes, Mme Ekobié est enfermée dans ce cercle vicieux de pauvreté et d'inconfort, elle n’a aucune solution durable pour se loger décemment.

Son besoin : UNE TOITURE adaptée et durable

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Une situation globale 

"Une Afrique de tôle !"

L’Afrique sahélienne est située entre le sud du Sahara et le nord de l'Équateur, couvrant une dizaine de pays, du Sénégal au Soudan, en passant par le Mali, le Burkina Faso, le Niger, et le nord des pays du golfe de Guinée (Côte d’Ivoire, Bénin, Togo, Ghana, Nigeria, Cameroun).

Cette vaste région africaine présente les plus faibles Indices du Développement Humain (IDH) au monde, se traduisant par une pauvreté importante, un niveau général d’éducation bas et une faible espérance de vie.

Ces IDH bas ont souvent des conséquences dramatiques (exodes, famines et épidémies récurrentes, conflits) qui tranchent radicalement avec la prospérité moyenne que connait la plupart des régions du monde à hauts IDH. Ces disparités illustrent un déséquilibre grandissant depuis les années 1950 entre les pays développés et ceux dits « en développement ». Pour y faire face, de nombreux programmes de développement internationaux sont apparus, motivés à la fois par une certaine éthique mais aussi par intérêt : les écarts de niveaux de vie sont certes humainement inacceptables, mais ils sont surtout une menace pour l’avenir de l’humanité.

Indice de développement humain - IDH (2007/08 - PNUD)

L’habitat, facteur fondamental de développement

Parmi les divers facteurs de développement et d’amélioration des conditions de vie, l’habitat est l’un des plus fondamentaux : avoir un logement est vital pour tout individu.

Comme l’explique Dipal Chandra Barua, ex-directeur de la Grameen Bank : « Le logement est l’un des besoins les plus basiques de tout individu pour qu’il puisse organiser sa vie, préparer son avenir, stabiliser ses idées. Contrairement à ce que l’on pense, le logement n’est pas, pour les plus pauvres d’entre nous, un article de consommation comme un autre : c’est un investissement vital pour leur santé, permettant une augmentation de leur capacité productive et du bien-être de leur famille ».

La situation dramatique de l'habitat au sahel

Une enquête menée par l'African Population and Health Research Center en 2002 montre d'ailleurs que « (...) les habitants pauvres en Afrique expriment leurs besoins les plus importants dans l'ordre de priorité suivant : 1) absence de travail, 2) précarité de l'habitat et 3) accès à l'eau ». 

D'après des rapports de l'ONU-habitat et du World Resources Institute publiés en 2006, on estime que plus de 70% de la population sahélienne vit dans des conditions d'habitat indécentes.

La désertification et la pression démographique font progressivement disparaître le bois et la paille utilisés par les populations pour construire leurs toitures traditionnelles.

Pour se loger, les familles n'ont ainsi d'autre choix que de puiser dans leurs faibles budgets de santé, d'alimentation et d'éducation pour s'acheter des toits en tôles importées et donc très chères. Peu à peu, les paysages sahéliens sont recouverts de ces toitures de tôles fragiles et inconfortables.

Or, l'utilisation de ces tôles renforce, indirectement, la désertification et donc la cause de cette problématique :

> D'une part, du fait de leur coût et de leur fragilité, l'usage des tôles participe au maintien des populations dans un cercle vicieux de pauvreté qui retarde la transition démographique. La hausse de la population augmente la pression sur l'environnement qui aggrave la déforestation et la désertification.

> D'autre part, la production et le transport des tôles étant très polluants, leur utilisation favorise le réchauffement climatique, qui se traduit au Sahel par une augmentation de la désertification.

Ainsi, sans autre alternative que des tôles pour leurs toits, les familles sahéliennes sont enfermées dans ce cycle vicieux de pauvreté qui aggrave progressivement l'exode rural et international, ainsi que le réchauffement climatique global.

Cette problématique nous concerne donc tous, de plus en plus directement.

"Choisir la tôle ?"

Aucun programme efficace pour l'habitat sahélien !

Malgré cette situation, aucune solution viable n'a vu le jour pour résoudre la problématique de l'habitat sahélien. Parce qu'ils s'inscrivent dans des économies de proximité et utilisent des matériaux localement disponibles, parce qu'ils s'appuient sur des compétences locales et offrent une solution pérenne, le concept VN et le programme de vulgarisation à grande échelle qui le porte sont, ensemble, "La réponse adaptée" à ce formidable défi !

 

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