La disparition du bois ...

> L’architecture en Afrique subsaharienne a toujours utilisé le bois pour les toitures de maisons en charpentes plates de poutres et chevrons non équarris sous des lattis recouverts de terre (toits terrasse).
Ces charpentes sont posées sur des murs de banco / terre crue avec reprise des forces en poteaux.
> Or l’importante croissance démographique moderne associée à la forte régression du couvert forestier ne permettent plus d’utiliser ces techniques de couvertures traditionnelles.
... remplacé par la tôle ...
Cette situation contraint les populations rurales à se tourner vers l’achat de tôle et de chevrons équarris pour réaliser leurs toitures.
Ces matériaux d’importation, qui présentent des caractéristiques thermiques, acoustiques et esthétiques déplorables ont surtout l’inconvénient majeur de coûter trop cher.
Leur acquisition ne peut se faire que dans le cadre d’une économie formelle (achat payé en devises), ce qui contraste fortement avec l’extrême difficulté qu’ont les populations de ces régions à transformer leurs forces de travail en monnaie.
... enferme les populations dans un cercle vicieux de pauvreté
Ces dépenses contrarient les économies familiales, locales et nationales : elles doivent puiser dans leurs faibles budgets d’alimentation, santé, éducation, pour se couvrir de toits chers, fragiles, inconfortables. Se loger, besoin vital, revient pour elles à s’enfermer dans un cercle vicieux de pauvreté.
=> "70% de la population sahélienne n’a pas accès à un habitat décent et durable" (UN-Habitat ; World Resources Institute 06 )
Cette situation coûte plusieurs milliards d’€ aux économies locales déjà très fragiles.
Il n’existe pas de statistiques pour l’ensemble des populations des zones semi-arides chiffrant le coût de l’absence de solution adaptée d’habitat. Cependant, si l’on ne prend en compte que le continent Africain, d’après le World Resources Institute (chapitre « The Housing Market » du rapport « the next 4 billion ») les dépenses globales pour l’habitat des ménages les plus pauvres, dite « au bas de la pyramide des revenus » s’élève en Afrique à 42 milliards de dollars par an. Or d’après le World Resources Institute (http://www.wri.org/publication/content/8237) plus d’1 africain sur 3 vit en milieu aride ou semi-aride (au regard des évolutions démographique, il est possible d’estimer que cela représente plus de 350 millions de personnes aujourd’hui). Etant donné que la majorité de la population africaine vit « au bas de la pyramide des revenus » (voir WRI), il est légitime d’estimer à plusieurs milliards de dollars les dépenses des ménages des zones arides et semi-arides africaines pour leur habitat. Etant donné enfin que, pour ce qui concerne l’Afrique, plus de 50% des dépenses pour l’habitat se fait pour l’achat de tôles, chevrons et ciments (voir statistiques Burkina Faso 2006) qui sont importés, dangereux et fragiles qu’il faut remplacer, il est également légitime d’estimer que l’absence de solution alternative coûte– ne serait-ce qu’en Afrique - plusieurs milliards d’€ chaque année, qui sont dépensés pour l’achat de tôles au lieu d’être investis dans les autres facteurs de développement (alimentation, santé, éducation).
